Au cœur des commerces sinistrés, à l’écoute des commerçants chinois : la CCI Paris et les associations chinoises se mobilisent après les dégradations survenues en marge d’une manifestation
26 octobre 2026 · 283 views
Le 25 octobre 2026, accompagnée de représentants de la CCI Paris, je me suis rendue à Vincennes pour témoigner mon soutien aux commerçants victimes de dégradations et de vols lors d’une manifestation, notamment à un jeune couple chinois dont le bureau de tabac a été gravement endommagé. Cette visite a permis d’écouter les victimes, de mieux comprendre leurs difficultés et de souligner l’importance d’un accompagnement concret pour défendre leurs droits, obtenir une indemnisation et reprendre rapidement leur activité. Numéro d’assistance aux commerçants : 0800 730 492.
Le dimanche 25 octobre 2026 au matin, dans le secteur de Vincennes, en région parisienne, les commerçants dont les établissements ont été vandalisés ou cambriolés lors de la manifestation du samedi étaient toujours mobilisés pour réparer leurs locaux, évaluer leurs pertes et organiser la poursuite de leur activité.
Dès les premières heures de la matinée, plusieurs journalistes de médias français étaient présents dans les rues. Ils photographiaient les commerces endommagés, interrogeaient les commerçants et cherchaient à comprendre le déroulement des faits. Des médias sud-coréens étaient également sur place pour réaliser des interviews, témoignant de l’attention portée à cet événement par différents médias.

Dans la matinée, en ma qualité de présidente de l’Association Franco-Chinoise Interculturelle (AFCI), de secrétaire générale du Comité pour la sécurité et l’intégration des Chinois d’outre-mer en France, ainsi que de membre de la CPME 92, j’ai accompagné plusieurs représentants de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris (CCI Paris), notamment M. Gérard Barbier, président de la CCI Paris, M. Damien Walker, représentant général de la CCI Paris, et Mme Yan Xiaohua, élue de la CCI Paris.
Ensemble, nous nous sommes rendus dans le secteur de Vincennes afin de rencontrer les commerçants victimes de dégradations et de vols, de prendre connaissance de leurs pertes réelles et de mieux comprendre les difficultés auxquelles ils sont actuellement confrontés.
En entrant dans les différents commerces sinistrés, nous avons découvert des portes et des vitrines endommagées, des magasins sens dessus dessous et des commerçants visiblement épuisés, désemparés face à la situation.
Parmi eux, un bureau de tabac tenu par un jeune couple chinois avait subi des dégâts particulièrement importants.
I. De l’attente angoissée à l’impuissance face au pillage de leur commerce : la nuit d’angoisse d’un jeune couple chinois
Lorsque nous sommes entrés dans le bureau de tabac, les traces du saccage étaient encore visibles. Accueillant notre visite, la jeune commerçante nous a raconté les événements survenus le samedi.
Selon son témoignage, après avoir reçu des informations concernant la manifestation, le couple avait rapidement compris que la journée pourrait présenter des risques importants pour la sécurité de leur établissement. Afin d’éviter tout incident, ils avaient pris, à contrecœur, la décision de fermer leur commerce pour la journée, de verrouiller la porte et d’abaisser leur lourd rideau métallique, dans l’espoir d’échapper aux violences.
Ils pensaient qu’en fermant soigneusement leur boutique et en restant chez eux, ils pourraient protéger leur commerce.
Mais la suite des événements a largement dépassé leurs prévisions.
Tout au long de la journée, le couple est resté à son domicile, suivant avec anxiété les informations télévisées et surveillant attentivement la situation dans les rues. Les heures passaient lentement. Lorsqu’ils ont enfin atteint 17 heures, ils ont cru que le moment le plus dangereux était passé.
C’est alors que l’application de surveillance et d’alerte installée sur leur téléphone s’est soudainement déclenchée.
Ils ont immédiatement consulté les images sur leur téléphone. Devant leur commerce, plusieurs individus vêtus de noir et le visage dissimulé tentaient de forcer le rideau métallique.
Les yeux rivés sur l’écran, les deux commerçants étaient extrêmement inquiets. Ils espéraient que le rideau métallique, suffisamment solide à leurs yeux, résisterait à la tentative d’effraction.
Mais la scène qu’ils redoutaient s’est finalement produite.
Vers 17 h 45, selon les images de vidéosurveillance présentées par la commerçante, deux individus vêtus de noir et le visage masqué ont pénétré dans le magasin.
La porte vitrée a été brisée. À l’intérieur, les marchandises et les équipements ont été fouillés et emportés dans le cadre du pillage. Le comptoir de caisse, les cigarettes, les cigarettes électroniques, les tickets à gratter et d’autres produits ou équipements ont été affectés à des degrés divers. Le commerce, auparavant soigneusement rangé, s’est retrouvé en quelques instants dans un état de désordre considérable.
Sous le choc et pris de panique, les époux ont immédiatement appelé la police à plusieurs reprises, espérant que les forces de l’ordre arriveraient à temps pour interrompre les dégradations en cours.
Toutefois, selon le récit de la commerçante, malgré leurs appels répétés, ils n’ont pas vu la police intervenir à temps pour empêcher les faits qui se déroulaient sous leurs yeux.
Incapables de rester plus longtemps chez eux à regarder leur commerce être détruit, ils se sont précipités sur place.
À leur arrivée, le spectacle était difficilement supportable : le rideau métallique forcé, les éclats de verre éparpillés sur le sol, les marchandises déplacées et les équipements du magasin endommagés.
Les produits qu’ils avaient l’habitude de vendre au prix d’un travail quotidien acharné, afin de faire vivre leur famille, gisaient désormais sur le sol. Le commerce qui constituait leur principal moyen de subsistance avait été profondément défiguré.

Face à l’ampleur des dégâts, le jeune couple était au bord des larmes.
Pour un petit commerce indépendant, il ne s’agit pas seulement d’une perte matérielle. C’est aussi un coup dur porté à la vie familiale, à la confiance dans l’avenir et aux projets construits au fil des années.
Plus douloureux encore, après les dégradations, les commerçants ont dû immédiatement s’occuper des réparations, du nettoyage, des démarches auprès de la police et des déclarations à l’assurance. Ils n’ont pratiquement pas eu le temps de souffler.
II. Les commerces chinois ne sont pas les seuls touchés : les commerçants français du quartier subissent eux aussi les conséquences des violences
Au cours de notre visite, nous avons appris que plusieurs autres commerces du voisinage avaient subi des faits similaires.
Des commerçants français installés à proximité étaient eux aussi confrontés à des rideaux métalliques forcés et à des portes ou vitrines endommagées. Certains établissements étant des restaurants, les pertes de marchandises y étaient relativement limitées. En revanche, la réparation des vitrages, des rideaux métalliques et des équipements des locaux représentait toujours des dépenses importantes.
Pour toutes les victimes, l’urgence est désormais de réparer les installations endommagées, de rétablir la sécurité des locaux, de reprendre l’activité le plus rapidement possible et de limiter autant que possible les pertes économiques supplémentaires.
En France, de nombreuses petites entreprises et de nombreux commerçants indépendants doivent assumer des charges fixes importantes : loyers, salaires, assurances, impôts et frais courants d’exploitation. Même quelques jours de fermeture peuvent exercer une pression considérable sur des activités dont les marges financières sont parfois déjà limitées.
Lorsque s’ajoutent les marchandises volées, les équipements détériorés, les frais de réparation et la perte de chiffre d’affaires liée à l’interruption de l’activité, la charge économique devient encore plus lourde.
Les réparations d’urgence ne sont, par ailleurs, pas toujours faciles à organiser.
Les événements du samedi ont contraint les commerçants à rechercher des entreprises de réparation pendant le week-end. Compte tenu de l’urgence et des contraintes horaires, il était difficile d’obtenir immédiatement l’intervention de professionnels. Pour les commerces dont la sécurité devait être rétablie sans délai, la réparation des rideaux métalliques et des portes vitrées constituait une priorité absolue.
Selon les commerçants rencontrés, un professionnel spécialisé dans la réparation des rideaux métalliques, situé à proximité, avait accepté de prévoir une intervention après avoir terminé ses travaux en cours. Toutefois, l’urgence de la situation et le caractère exceptionnel du week-end rendaient également le coût des réparations difficile à supporter.
Les marchandises volées peuvent être inventoriées et les vitres brisées remplacées. Mais la peur, l’épuisement et la détresse psychologique vécus par les commerçants ne peuvent être résumés à une simple facture de réparation.
III. Une visite de soutien qui ne se limite pas à témoigner de la solidarité : comprendre les difficultés et rechercher des solutions concrètes
À travers cette visite sur le terrain, notre objectif était d’écouter directement les victimes et de mieux cerner les difficultés qu’elles rencontrent en matière de pertes matérielles, de remise en état des locaux, d’indemnisation par les assurances et de reprise de leur activité.
La présence des représentants de la CCI Paris permettait également de mieux appréhender la situation réelle des petites entreprises et de porter une attention particulière aux besoins d’accompagnement qui apparaissent après un événement de cette nature.
Pour les commerçants sinistrés, le besoin le plus urgent ne consiste pas uniquement à recevoir des marques de soutien. Ils ont surtout besoin de réponses concrètes et de solutions applicables :
Comment déclarer et faire constater les pertes ? Quelles démarches effectuer auprès de l’assurance ? Les frais de réparation peuvent-ils être indemnisés ? Les pertes liées à la fermeture du commerce peuvent-elles faire l’objet d’une demande d’indemnisation ? Si l’assurance ne couvre pas la totalité des dommages, quels autres recours juridiques sont envisageables ?
Toutes ces questions méritent d’être examinées avec sérieux.
Nous avons également porté une attention particulière aux pertes subies par les professionnels chinois du secteur des bureaux de tabac en France.
Afin de mieux connaître la situation dans d’autres secteurs géographiques, j’ai ensuite pris contact avec Mme Wu Guolin, présidente de l’Association des commerçants chinois du secteur des bureaux de tabac en France.
Selon les informations dont dispose Mme Wu, plus de quarante bureaux de tabac tenus par des commerçants chinois auraient subi des dommages de gravité variable au cours des deux dernières semaines, dont plus d’une dizaine de cas particulièrement graves.
Face à la répétition de tels incidents, Mme Wu s’emploie activement à aider les commerçants sinistrés dans leurs démarches et a pris contact avec la CCI Paris afin de favoriser la mise en place d’un accompagnement adapté.
Les bureaux de tabac tenus par des commerçants chinois représentent souvent le fruit de nombreuses années de travail et d’investissement de toute une famille. Face aux dégradations et aux vols soudains, les exploitants ne subissent pas seulement des pertes financières : ils s’inquiètent également de leur sécurité personnelle, de leurs conditions de travail et de leur avenir.
Nous espérons que tous les commerçants touchés bénéficieront d’un traitement équitable. Quels que soient leur nationalité, leur secteur d’activité ou la taille de leur entreprise, ils doivent pouvoir accéder aux informations nécessaires, à un accompagnement juridique et aux aides auxquelles ils peuvent légitimement prétendre.

IV. Comment faire valoir ses droits après des dégradations ? Les principaux conseils d’une avocate
Après avoir pris connaissance de la situation des commerçants, j’ai contacté Me Laurence Carles, avocate intervenant notamment dans les dossiers d’accidents du travail et de réparation des préjudices, afin de recueillir ses conseils sur les démarches à entreprendre après ce type d’événement.
Selon les recommandations recueillies auprès de l’avocate, les victimes doivent agir sur deux fronts :
D’une part, faire constater rapidement les dommages matériels et engager les démarches nécessaires à leur indemnisation ; d’autre part, en cas de blessures, prendre en charge les démarches médicales et examiner les possibilités d’indemnisation des préjudices corporels et des pertes de revenus.
Les recommandations suivantes sont proposées à titre indicatif. Les démarches applicables doivent être déterminées en fonction des contrats d’assurance, de la nature des dommages et des circonstances propres à chaque dossier.
Première recommandation : constituer immédiatement un dossier de preuves des dommages
Avant de procéder au nettoyage des lieux, les commerçants doivent, dans la mesure du possible, photographier et conserver des preuves de l’ensemble des dégradations : vitrines, portes, rideaux métalliques, fenêtres, rayonnages, comptoirs, équipements et autres biens endommagés.
Pour les marchandises volées, il est recommandé d’établir une liste aussi précise que possible et de conserver les factures d’achat, les relevés de stocks et les justificatifs commerciaux correspondants.
Si le commerce est équipé d’un système de vidéosurveillance, les enregistrements réalisés avant et après les faits doivent être sauvegardés rapidement, notamment les images susceptibles de montrer le déroulement des dégradations, les entrées et sorties des individus ainsi que les dommages causés aux biens.
Il convient également de conserver les factures et les devis relatifs au remplacement des vitrages, à la réparation des rideaux métalliques, au changement des serrures, à la sécurisation provisoire des locaux et à toute autre intervention urgente.
Les pertes liées à l’interruption de l’activité doivent, autant que possible, être documentées à l’aide des relevés de chiffre d’affaires, des documents comptables et des données historiques d’exploitation.
Lorsque cela est possible, il est préférable de conserver les biens endommagés jusqu’à ce que l’expert mandaté par l’assureur ou, si nécessaire, un commissaire de justice ait pu effectuer les constatations utiles.
Plus les preuves sont complètes, plus il sera facile d’étayer une demande d’indemnisation auprès de l’assurance ou dans le cadre d’une éventuelle procédure judiciaire.
Deuxième recommandation : déposer plainte sans tarder et déclarer le sinistre à l’assurance
Les commerçants victimes de dégradations ou de vols doivent déposer plainte auprès des services de police dans les meilleurs délais et conserver le récépissé de dépôt de plainte ainsi que la référence du dossier.
Ils doivent ensuite informer leur assureur professionnel par écrit, dans les délais et selon les modalités prévus au contrat. Cette déclaration doit préciser les circonstances des faits, la nature des dommages et les dépenses d’urgence déjà engagées. Il est également conseillé de demander à l’assureur de mandater un expert d’assurance afin de constater les dégâts.
Les commerçants doivent examiner attentivement leur contrat d’assurance professionnelle pour vérifier si les garanties couvrent notamment :
-
les dommages matériels provoqués par des émeutes, des troubles collectifs ou des événements sociaux de cette nature ;
-
les actes de vandalisme, les vols et les bris de glace ;
-
la réparation des rideaux métalliques, des serrures, des installations commerciales et des équipements professionnels ;
-
les pertes d’exploitation résultant de l’impossibilité de poursuivre normalement l’activité.
Il convient toutefois de rappeler que, en droit français, les dommages causés lors d’une manifestation ou de troubles collectifs ne donnent pas automatiquement droit à une indemnisation par l’assurance.
La prise en charge, son étendue, les éventuelles franchises et les exclusions dépendent du contrat concerné, de la qualification des faits et des règles juridiques applicables.
Si l’assureur refuse l’indemnisation ou propose une somme manifestement insuffisante au regard des dommages, le commerçant doit lui demander de préciser les motifs de sa décision et consulter, si nécessaire, un avocat afin d’évaluer l’opportunité d’une contestation ou d’une action en justice.
Troisième recommandation : examiner les possibilités de recours contre les auteurs des faits ou, sous certaines conditions, contre l’État
Lorsque les auteurs des dégradations peuvent être identifiés, les commerçants victimes peuvent, avec l’aide d’un avocat, examiner la possibilité de leur demander réparation des préjudices subis.
Lorsque l’assurance ne couvre pas les pertes ou ne les indemnise que partiellement, un avocat peut également étudier l’existence d’autres voies de recours, notamment la possibilité d’engager la responsabilité de l’État si les conditions légales sont réunies.
Il est toutefois essentiel de souligner que la responsabilité de l’État n’est pas automatique.
La possibilité d’obtenir une indemnisation de l’État dépend notamment du contex




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